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Le Gouvernement britannique annonce l'austérité 
TVA qui passe à 20%, réductions des salaires dans le secteur publique, augmentation de la taxe sur les plus values..... La pilule est amère

24 juin  2010

Les mesures fiscales et sociales vont faire mal

L'annonce du passage de l'âge légal de la retraite à 66 ans avait déjà fait grincer les dents; mais en présentant son "Budget" (loi de finances) pour redresser les comptes de l'état, George Osborne, nouveau Chancellier de l'échiquier (Ministre des finances) britannique, a été plus loin que prévu. L'année prochaine, chaque Britannique perdra en moyenne  - grâce aux réductions des allocations et à l'augmentation de la fiscalité -  l'équivalent d'environ 500 Euros.

    Vu de France, ce qui doit sûrement étonner c'est que personne en Grande Bretagne ne s'est levé pour accuser le gouvernement de faire passer les mauvaise nouvelles pendant la Coupe du Monde; et que dans leur grande majorité, les Britanniques acceptent la pilule. Bien entendu, les Travaillistes, dans leur rôle d'opposition parlementaire, ont critiqué les mesures, prétendant que la nouvelle fiscalité risque de casser la relance économique - ce qui est une réelle possibilité; et certains syndicats profèrent des menaces. Mais la critique reste modérée, une mise en garde contre la méthode, non une critique des principes, encore moins de la nécessité des mesures.

    A force d'avoir entendu le message de tous bords, les Britanniques ont pris la mesure de la crise économique, de l'énorme problème du déséquilibre budgétaire, et de l'endettement de l'état, et acceptent avec résignation qu'il n'y a vraiment pas trop de choix en la matière. Comme de nombreux pays, l'Angleterre a vécu au-dessus de ses moyens, a mis en place des systèmes qui seront insoutenables a long terme, voire même à moyen terme, et les Britanniques ont accepté dans leur grande majorité que cela ne peut pas continuer.

    Dans son discours devant la Chambre des Communes, Osborne a assuré que son plan d'austérité est "rigoureux mais juste", et que l'effort requis aux Anglais sera proportionnel à leur capacité de payer; mais ce n'est pas certain. Certes, l'augmentation de mille Euros par an du seuil d'imposition des revenus augmentera de près d'un million le nombre de contribuables britanniques non-imposables sur le revenu; mais cette mesure bénéficiera aussi à tous les contribuables (ce qui veut dire à presque tous les Britanniques). De la même manière, l'augmentation de la TVA frappera tous les consommateurs.
    En revanche, l'augmentation de la fiscalité des plus values (de 18% à 28%) ne s'appliquera qu'aux contribuables qui paient l'impôt sur le revenu au taux supérieur. Ces mêmes contribuables perdront aussi certains crédits d'impôt.
     Du côté des baisses,  David Cameron a admis que le "gel de deux ans des salaires dans la fonction publique" pour tous les fonctionnaires gagnant plus de 2000 € par mois, annoncé par Osborne, est en réalité une baisse des salaires, compte tenu d'une augmentation des côtisations sociales.
    L'autre grand chapître "baisses" concerne les allocations sociales; baisses des allocations de logement, gel des allocations monoparentales, baisse des allocations d'invalidité. Toutes seront soit réduites dans la durée, soit soumises à de nouvelles conditions. Et curieusement, ou peut-être pas curieusement,  dans l'opinion publique cela passe.
    Depuis de nombreuses années, et malgré de nombreuses tentatives de rémédier à la situation, le système des allocations sociales britanniques s'est développé et étendu à un tel point que de nombreuses personnes travaillant au salaire minimum ou même juste au dessus, savent qu'ils gagneraient autant sans travailler qu'en travaillant. Pour de très nombreux Britanniques, ces allocations sensées créer une justice sociale, ont fini par faire l'inverse, créer une injustice sociale à l'égard de ceux qui travaillent. Ainsi, en annonçant ces réductions de milliards de livres dans le budget des allocations sociales, Osborne a soulevé relativement peu de critiques..

    Enfin, le Chancellier a annoncé que les ministères devront réduire de 25% leurs dépenses d'ici à 2014. Objectif, réduire sérieusement les dépenses publiques (actuellement près de 50% des dépenses nationales),  pour revenir à l'équilibre budgétaire en 2016. Le nombre de fonctionnaires risque de diminuer sérieusement dans les années à venir.
    Reste à savoir si ces mesures auront l'effet voulu, et si elles seront suffisantes pour remettre l'économie britannique sur les rails. Cela dépendra sûrement de la conjoncture mondiale. Si celle-ci ne s'améliore pas, les Britanniques - comme tous les autres - auront d'autres pilules très amères à avaler.
   

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