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Civilisation britannique

La monarchie britannique et sa place dans la vie du pays


Le 9 septembre 2015, la Reine Elizabeth a battu le record de longueur de règne pour un monarque britannique. Agée de 89 ans, elle avait régné ce jour depuis 63 ans et 7 mois, battant ainsi le record établi au 19° siècle par son arrière arrière grande-mère la Reine Victoria.

Queen Elizabeth IIAu 21° siècle, la monarchie britannique est populaire.  
D'après un sondage réalisé en mai 2012 pour le journal The Guardian (journal de centre gauche) , 69% des Britanniques estiment que la monarchie est bon pour le pays, contre seulement 22% qui pensent le contraire. En d'autre termes, la monarchie est plebiscitée par le peuple britannique, comme institution majeure du pays, symbole de la nation. Pour un chef d'état, surtout pour un chef d'état en exercice depuis plus de 60 ans, le résultat est flatteur. 
   Si ce sont les personnes âgées qui sont les plus fervents admirateurs de la monarchie, les avis sont largement favorables à travers toutes les tranches d'âge, et à tous les niveaux sociaux. Le sentiment républicain reste très minoritaire; toujours d'après les sondages du Guardian, le nombre de Britanniques favorables à l'abolissement de la monarchie n'aurait jamais dépassé 22% au cours des 25 dernières années, et se situait en 2012 autour de seulement 12%.

Quelle est donc cette monarchie, et qu'est-ce qui explique sa popularité?

Petite histoire de la monarchie britannique ....

(Voir aussi Constitution britannique)
Monarchie anglaise?
La Reine est certes la Reine d'Angleterre; mais elle est aussi la reine d'Ecosse, du Pays de Galles, d'Irlande du nord, et de plusieurs autres pays du Commonwealth.
    Un des aspects curieux de la monarchie anglaise est qu'historiquement, c'est une monarchie qui - pour la plupart de son histoire - a été  tout sauf anglaise! Il faut remonter au 11° siècle pour trouver les derniers rois d'Angleterre proprement  "anglais", ou anglo-saxons. Après, la monarchie anglaise a été française (Normands, puis Angevins), galloise (les Tudors), écossaise (les Stuart), néerlandaise (les Orange-Nassau), allemande (les Hanovriens, puis les Saxe-Coburg)... et enfin la dynastie actuelle, les Windsor – laquelle ne date que de 1917, quand le roi George V a changé son nom de famille de Saxe-Coburg-Gotha, en Windsor, pour oublier ses racines germaniques à cause de la première guerre mondiale.
     A cela il faut ajouter que surtout depuis la première guerre mondiale, la Monarchie britannique a tout fait pour consolider et afficher son ancrage national.
    Jusqu'au 18° siècle, la monarchie était l'ordre naturel des états: la plupart des pays d'Europe étaient des monarchies, ou des principautés. Toutefois, l'Angleterre avait été un des premiers pays d'Europe à supprimer sa monarchie. Durant 11 ans à partir de 1649, à la suite de sa guerre civile, l'Angleterre était devenue brièvement république - nommée Commonwealth ou Protectorate; mais en 1660, le parlement a décidé de restaurer la monarchie - sous sa tutelle. Ce fut – au moment où en France sous Louis XIV le pouvoir royal devenait absolu – la confirmation en Angleterre de la monarchie constitutionnelle. Quand le roi James II, à partir de 1685, a voulu imposer sa volonté contre celle du parlement, les parlementaires ont déclenché la "Révolution glorieuse" de 1688, invitant le Prince néerlandais Guillaume d'Orange à prendre la couronne d'Angleterre. Ils ont également rédigé la Déclaration anglaise des Droits (the English Bill of Rights), encadrant  le pouvoir de la monarchie. Désormais, un roi anglais ne pouvait plus lever des impôts, faire ni défaire des lois, ni s'ingérer dans les affaires du parlement. Le pouvoir royal était définitivement mis sous tutelle, et la monarchie anglaise a dû apprendre à vivre avec cette donne.
    Ce fut sûrement un des secrets de sa survie. A la fin du 18° siècle, la déclaration d'indépendance des Etats Unis et la Révolution française ont secoué l'Europe entière, et notamment ses monarchies; mais la confusion, la Terreur et l'Empire qui ont suivi la Révolution française ont sérieusement ébranlé les espoirs de républicains ailleurs en Europe, et notamment en Angleterre. Au début du 19° siècle, la monarchie britannique a passé un moment difficile durant les règnes des rois George IV et William IV, mais sans être sérieusement mise en cause. Un certain sentiment anti-monarchique a résurgi pendant les années 1840, surtout au moment de la seconde révolution française de 1848; mais les Britanniques dans leur ensemble n'avaient aucune envie de se défaire de leur reine, Victoria, qui ne disposait d'aucun pouvoir réel. La Grande Bretagne était perçue comme un pays constitutionnellement stable, à tel point que le roi français Louis-Philippe, déposé, y a trouvé refuge en 1848.
    La reine Victoria a régné de 1837 à 1901, et si elle ne fut pas toujours très appréciée par son peuple, elle est devenue pendant les dernières décénies de son règne la mère de la nation, celle qui a définitivement donnée à la monarchie britannique son rôle moderne d'icone, symbole de la cohésion et de l'identité nationales.
   Au 20° siècle, deux guerres mondiales ont fermement confirmé le rôle des rois d'Angleterre comme commandant en chef de la nation, et symbole de son identité. L'indépendance de l'Irlande en 1919 était largement sans conséqence pour la monarchie, sensé être au dessus de la politique. La diminution du territoire du "Royaume Uni" n'entraina pas de changement fondamental de sa constitution.
   Le roi George V, qui a régné de 1910 à 1936, a réussi à maintenir voire à consolider la popularité de la monarchie pendant et après la première guerre mondiale, malgré ses origines germaniques et le fait qu'il était cousin germain du Kaiser Wilhelm II d'Allemagne. Et alors qu'à travers l'Europe, dans les mois suivant la guerre et la révolution communiste en Russie, des monarchies ont cédé la place à des républiques, la monarchie britannique s'est maintenue. George V a aussi su adapter la monarchie aux nouvelles conditions sociales de l'après-guerre, nouant des relations de confiance avec les premiers gouvernements travaillistes, et même prenant la défense des grévistes au moment de la grève nationale de 1926, contre l'avis du premier ministre conservateur Baldwin.
   En 1952, sept ans après la fin de la seconde guerre mondiale, c'est la petite fille de George V, Elizabeth, qui a accédé au trone d'Angleterre. Plus de soixante ans plus tard, elle est toujours là, ayant réussi - depuis la mort tragique de la Princesse Diana en août 1997 - à redorer sérieusement le blason de la monarchie en Grande Bretagne.  En l'an 2015, alors qu'elle règne depuis 63 ans, la reine Elizabeth II est au sommet de sa popularité, et la monarchie britannique reste une institution fondamentale, et largement approuvée, de la nation.

Pouvoirs de la monarchie britannique

Un roi anglais ou une reine anglaise a beaucoup d'autorité, mais n'a aucun pouvoir personnel. "La Couronne" - the crown - a de nombreuses obligations constitutionnelles, et beaucoup de pouvoir théorique et symbolique.
La Reine et le Président ObamaLa Reine accueille Michèle Obama et le Président Obama à Buckingham Palace
   Le roi ou la reine d'Angleterre est d'abord un chef d'état; c'est l'équivalent pour la Grande Bretagne d'un président français ou d'un président américain.
   Mais ses pouvoirs sont constitutionnellement limités par des séries de lois ou de chartes établis par les parlements britanniques depuis le 13° siècle. Magna Carta - la Grande Charte de 1214 -  la loi Habeas Corpus de 1679, interdisant les arrestations arbitraires, la Bill of Rights de 1689 (déjà mentionné). Depuis près de deux siècles, aucun monarque britannique n'a essayé de s'opposer à une mesure votée par son gouvernement, même quand le monarque désapprouvait personnellement la législation (comme George V pour la loi pour l'indépendance de l'Irlande).
   Le monarque reste tout de même un membre important dans la gestion des affaires du Royaume Uni. Il nomme le premier ministre (sans le choisir), il ouvre les sessions du parlement, et il consulte toutes les semaines avec son premier ministre, qui le tient au courant des affaires d'état et - surtout avec la reine actuelle - lui demande son avis sur de nombreuses questions de politique intérieure et de relations internationales.
   C'est la signature royale - royal assent - qui valide tout projet de loi voté par le parlement.
   Au niveau international, le monarque britannique est l'interlocuteur d'autres chefs d'état en termes protocolaires; mais absolument pas en termes de discussions entre états, où ce rôle est le prérogatif du premier ministre.
  Au niveau national comme au niveau international, les membres importants de la famille royale britannique bénéficient d'une grande popularité; les visites d'état de la reine d'Angleterre et même celles du Prince de Galles ou du Prince William, sont toujours de grands événements populaires, même (ou est-ce surtout?) aux Etats Unis, pays né en 1776 d'une rupture avec cette même monarchie.
   En tant que chef d'état, la Reine est également commandant en chef des forces armées britanniques - rôle protocolaire, bien entendu.
   La Reine est aussi Gouverneur suprème de l'Eglise anglicane, elle nomme les évèques et archévêques - sur recomandation du Premier ministre - et ouvre le Synode quinquennal de l'Eglise d'Angleterre.

Coût de la monarchie

Le débat sur le coût de la monarchie britannique est un serpent de mer qui refait surface assez régulièrement. Selon les chiffres officiels, la monarchie britanique coûte environ quarante millions de livres par an - soit environ cinquante centimes d'euro par Britannique par an. Le chiffre précis est très difficile à calculer, mais en 2011 la somme annoncée était de £32,1 M - sans compter le coût de police et des services de sécurité. Pour la grande majorité des Britanniques, c'est une dépense largement justifiée.
   Chaque année, le parlement britannique vote une allocation au fonctionnement de la famille royale, autrefois appelé la Civil List, mais désormais connu sous le nom du Sovereign Grant. De leur côté, et depuis 1992, la Reine et les autres membres de la famille royale paient leurs impôts comme tout autre citoyen.
   Si le fonctionnement de la monarchie coûte plus de trente millions de livres par an aux contribuables britanniques, l'existence de la monarchie rapporte - selon de nombreuses estimations - plus de 25 milliards de livres à l'économie britannique, par le biais du tourisme et du "goodwill" (valeur intangible) générés pour la marque "Grande Bretagne" à travers le monde, par sa reine et ses princes et princesses.

Evolution de la monarchie

La monarchie change - et c'est parce qu'elle a su changer au fil des siècles qu'elle a pu se maintenir. En 2012, le parlement a modifié les lois de succession, pour remplacer le principe de primogéniture mâle (un fils précède une fille, même ainée, en ligne de succession) par le principe de la primogéniture absolue (pas de distinction des sexes).

Perception de la monarchie par les Britanniques

Qu'est-ce qui explique l'attachement des Britanniques à leur monarchie?  En 2015, on peut peut-être avancer comme première raison l'idée que la famille royale est, et reste, au dessus de la mélée du monde politique. La monarchie a une valeur de permanance et de symbole de la nation que n'aurait jamais un président. On a souvent dit des premiers ministres, notamment de Margaret Thatcher et de Tony Blair, "Heureusement pour l'Angleterre que nous avons la Reine pour nous représenter, pas uniquement des politiciens.".
   La Reine elle-même est devenue une sorte de grande-mère de la nation, et les Britanniques admirent très largement le travail qu'elle fait depuis plus de 63 ans - une suite sans fin d'engagements officiels, lectures de documents officiels, réunions de haut niveau, rencontres avec la population. A 89 ans, elle a à peine réduit son train de travail et a toujours refusé toute idée d'une retraite - voire d'une abdication.
   Bien sûr, il y a autour de la monarchie un certain degré d'infatuation "people" – en particulier autour des princes. La Reine, William et Kate, et Harry, sont à la une des revues people et de la presse populaire à travers le monde, et plus particuièrment en Grande Bretagne, ce qui n'est pas sans contribuer à leur popularité; mais il ne faut pas y voir la cause de cette popularité, plutôt une conséquence.
   La Reine n'a pas toujours été aussi populaire. Au moment du décès de la Princesse Diana, la famille royale a perdu beaucoup de respect; comparée à Diana, la Reine était perçue comme étant  distante, détachée, et plutôt froide. Il a fallu trois ou quatre ans à la Monarchie pour redorer son image, se mettre au diapason du 21e siècle, et retrouver une grande côte de sympathie auprès des Britanniques.
   D'ici quelques années, il viendra inéluctablement un moment où la Reine Elizabeth II d'Angleterre cédera sa place à son successeur. A priori ce sera au Prince Charles, son fils ainé, de lui succéder; mais déjà âgé de 67 ans, est-ce qu'il souhaitera accéder à un nouvel emploi à un âge où la grande majorité des personnes sont déjà parties à la retraite? C'est tout à fait possible. Mais selon des sondages récents, les Britanniques sont plus nombreux à souhaiter que la couronne saute une génération, et que le Prince William succède directement à sa Grande-mère. Dans la mesure où il bénéfice d'une bonne côte de popularité et d'une réputation de jeune homme capable et sérieux, la possibilité est réelle. Une chose est sure; le débat sur la succession va continuer à alimenter les colonnes des médias britanniques - même sérieux - pendant les années à venir.

Site de la monarchie britannique: www.royal.gov.uk




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Le Royaume Uni fait partie des huit pays d'Europe (douze si l'on compte les principautés) qui ont maintenu une constitution monarchique. Mais parmi les cours d'Europe, c'est la monarchie britannique qui bénéficie du plus haut profil international. Au début du 21e siècle, cette institution est très largement soutenue par le peuple britannique.


Ouverture du parlement britannique
Ouverture formelle du parlement britannique

Ouverture du parlement ;  copyright UK Parliament, reproduites avec l'autorisation du parlement britannique.
Photo droite: Agencia Brasil - creative commons photo.
Photo de la Reine avec le couple Obama. Photo officielle de la Maison Blanche.

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