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 David Cameron  nouveau premier ministre
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COMPRENDRE LES ELECTIONS EN GRANDE BRETAGNE 

Jeudi 6 mai la Grande Bretagne a voté. Au bout de longues tractations, un nouveau gouvernement a émergé. La Grande Bretagne est désormais gouverné par une coalition entre les Conservateurs et les Libéraux Démocrates.
David Cameron s'installe aux commandes

Voir aussi: Les grandes lignes du programme du gouvernement Cameron 

David CameronSix jours après les élections du 6 mai, la Grande Bretagne a un nouveau Premier Ministre, et la couleur du nouveau gouvernement est enfin connu. Après l'échec des négociations entre Travaillistes et Lib-Dems, Gordon Brown a tiré la seule conclusion possible, et mardi à 20h15 est allé au Palais de Buckingham pour donner sa démission à la Reine.  Une heure plus tard, dans une relative discretion, le leader Conservateur David Cameron arrive au Palais dont, vingt minutes plus tard, il sort en tant que Premier Ministre. La passation du pouvoir s'est faite, sans cérémonie, sans feux d'artifice, sans public, dans le cadre restreint d'un salon du Palais de Buckingham. C'est comme ça que cela se fait depuis des siècles.

A partir d'aujourd'hui, l'Angleterre et avec elle la Grande Bretagne est dirigée par un gouvernement de centre-droite mené par David Cameron, 43 ans, plus jeune Premier Ministre en presque deux cent ans, depuis Lord Liverpool en 1812; à son côté au poste de vice premier ministre Nick Clegg, également âgé de 43 ans, leader du parti Libéral Démocrate.  
     L'alliance entre les deux leaders sera sûrement plus facile que celle qui réunit désormais les deux partis. Elle cest certainement plus facile entre ces deux contemporains, tous deux néophytes en matière de gouvernement, que n'eût été un accord entre Clegg et le poids-lourd Brown avec ses treize ans d'expérience comme ministre ou premier ministre. Avec Cameron, Clegg peut espérer être traité en partenaire plus ou moins égal; avec les Travaillistes il aurait toujours été le cadet. On commence à comprendre les raisons qui ont donné naissance à cette nouvelle alliance que de nombreux commentateurs et élus considèrent comme fondamentalement contre-nature.
   Cameron appartient à l'aile modérée du parti Conservatives. Ancien élève du plus célèbre collège privé d'Angleterre, Eton (qui compte parmi ses anciens èlèves pas moins de 19 premiers ministres), Cameron est diplômé en politique, philosophie et économie de l'université d'Oxford. Après Oxford, il s'est immédiatement immersé dans le monde de la politique, devenant chercheur puis conseiller au parti Conservateur. Depuis 2001 il est député de la circonscription de Witney, près d'Oxford. Son monde est très anglocentrique et cela beaucoup trop pour les Ecossais. Les Conservateurs n'on qu'un seul député pour toute l'Ecosse.
    De son côté,  Clegg, qui appartient plutôt à la tendance centriste au sein des Lib-Dems, présente beaucoup de similitudes; ancien élève d'un autre collège privé historique, le collège de Westminster, il est diplômé en Anthropologie sociale de l'université de Cambridge. Mais à la grande différence de Cameron, il a eu une carrière très internationale,  ayant vécu en Allemagne en Finlande en Belgique et en Autriche, ayant étudié au Collège d'Europe et à l'Université du Minnesota, et ayant été Eurodéputé.  Sa mère est hollandaise, et son épouse espagnole. Il parle cinq langues, dont le français.

    Reste à faire travailler ensemble les deux partis pour former un gouvernement stable; et ce sera beaucoup plus difficile.  Le parti Conservateur n'est pas homogène; au contraire c'est une confédération de toute la droite démocratique britannique, une gamme assez large de colorations politiques allant de la droite réactionnaire et nationaliste au centre modéré à tendance "one nation Conservatisme", ce conservatisme social forgé au dix-neuvième siècle par le grand premier ministre Benjamin Disraëli et décrié au temps de Maggie Thatcher. Beaucoup de ceux qui se situent à la droite du parti sont plutôt inquiets des concessions accordées par Cameron pour pouvoir forger une coalition; baisse de l'impôt sur le revenu uniquement pour les plus faibles revenus, pas de hausse du seuil de taxation des héritages, politique éducative en faveur des zones défavorisées, promesse d'un référendum sur le changement du mode de scrutin. Pour de nombreux Conservateurs purs et durs, ce sont des mesures difficiles à avaler.
    Côté Lib-Dems, les grincements de dents sont presque audibles. Pour l'aile gauche du parti Lib-Dem, l'alliance avec les Conservateurs est une abérration: l'aile gauche du parti Lib-Dem est ant-nucléaire, interventionniste, et très favorable à des politiques économiques redistributives - idées inacceptables pour de nombreux Conservateurs. Les Lib-Dems sont aussi le parti le plus europhile, alors que les Conservateurs, et même Cameron, sont relativement - et pour certains très - eurosceptiques.

      On voit mal durer une telle alliance. Les Lib-Dems pourront avoir la satisfaction d'avoir obtenu, pour la première fois en 70 ans, des portefeuille de ministre, et d'avoir au moins empêché les Conservateurs de mettre en place quelques unes de leurs promesses électorales - prix payé par Cameron pour faire accepter la coalition; mais passée la période de lune de miel, qui sera peut-être de très courte durée, ils devront sûrement déchanter dès lors que les pressions sur Cameron au sein de son propre parti deviennent plus forte que celles de l'alliance – ce qui ne tardera pas à se produire.
      Nul ne peut prévoir l'avenir. Il est possible que Cameron et Clegg réussissent à galvaniser autour de leur projet commun le soutien politique et populaire nécessaire pour réussir même pendant les années difficiles qui sont devant nous; mais la possibilité d'un échec, voire même d'un échec retentissant, n'est pas à exclure. Loin s'en faut.
      Les bookmakers anglais prennent déjà des paris sur la longévité de la coalition entre les Conservateurs et les Libéraux Démocrates; entre quelques semaines et quatre ans. Après, les Britanniques seront rappelés aux urnes. Si l'on en croit le pronostic de Mervyn King, gouverneur de la Banque d'Angleterre, on verra à ce moment que les grands gagnants de cette élection de 2010 auront peut-être été les perdants. Les membres hauts-placés du parti Travailliste qui ont oeuvré pour faire échouer les négociations pour former un gouvernement "progressiste" avec Labour et les Libs Dems ont sûrement fait leurs calculs....

Continuez avec:  Les grandes lignes du programme du gouvernement Cameron 
     
   
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