| Le programme
de la coalition Conservateurs-Lib-Dems |
Rigueur,
réductions des dépenses, augmentation de l'âge de la retraite, le
programme de la nouvelle coalition entre Conservateurs et
Liberal-Democrats prend forme
27 mai
2010
Lune de miel et mesures d'austérité - et ça passe.
Dans les pays latins, les syndicats
seraient descendus dans la rue, on aurait annoncé des arrêts de
travail, des manifestations, des grèves. Mais en Angleterre rien de
tout cela - du moins pour l'instant. A force d'entendre des analyses
concordantes sur l'état précaire des économies britannique et mondiale,
les Britanniques ont compris que des mesures d'austérité sont et
seront inévitables. Le nouveau gouvernement de coalition, mené par David Cameron et Nick Clegg, a commencé à
trancher; tout le monde devra mettre la main à la poche; et on sait
qu'avec un gouvernement Travailliste, la pilule eût été un peu
différente, mais aussi amère.
Pour l'instant, la lune de miel continue. Un congrès du parti
Libéral-Démocrate a approuvé à une vaste majorité la décision de ses
leaders d'entrer en coalition avec les Conservateurs
Si grogne il y a, elle vient plutôt de l'aile droite du parti
Conservateur.
Les
premières mesures annoncées ou appliquées
1.
Libertés individuelles: Abandon du projet d'introduction
de cartes d'identité en Grande Bretagne. Ni les Conservateurs, ni les
Lib-Dems étaient favorable à cette proposition Travailliste. Donc les
Britanniques n'auront pas de carte d'identité, et le fichier national
des citoyens n'existera pas. Une "Loi sur la Liberté" réduira les
contraintes imposées sur les citoyens. Argument: le système coûte trop
cher, et serait une atteinte aux libertés individuelles.
2.
Charges sociales: Abandon du projet des Travaillistes de
faire passer les charges
patronales
sur les salaires de 12,8% à 14,3%. Argument; trop taxer l'emploi crée
du chômage et réduit la compétitivité nationale.
3.
Enseignement Eclatement de l'Education
Nationale; toutes les écoles pourront opter pour un statut
d'auto-gestion et travailler désormais de manière autonome. Argument:
réduire le coût de la bureaucratie, et permettre aux enseignants de
gérer leurs écoles en fonction de leurs besoins et des besoins de leur
communauté, en vue d'une amélioration de la qualité de l'enseignement
et des résultats. Ainsi l'école publique (et gratuite) anglaise ressemblera plus à
l'école "privée" sous contrat du système français, sans l'aspect confessionnel.
4. Le
système électoral. Promesse d'un référendum sur un
changement du système électoral - projet cher aux Lib-Dems mais
contesté par de nombreux Conservateurs. Argument: donner une meilleure
représentation aux partis minoritaires.
5.
Fiscalité. Rendre le système fiscal britannique plus
équitable. Réduire l'impôt sur le revenu sur les bas salaires,
augmenter légèrement l'impot sur les hauts salaires. Le projet
Conservateur d'une forte augmentation du seuil d'imposition des
héritages (mesure favorable seulement au gros patrimoines) a été
abandonné. Les côtisations sociales payées par les
employés
augmenteront, pour mieux financer le prestations sociales.
6.
Dépenses publiques: une forte baisse des dépenses de
l'état sera annoncée. Une Loi de finances sera proposée au parlement
avant l'été. Les principaux services - santé,
éducation - devront être épargnés. Une augmentation de la TVA
(actuellement à 15%) n'est pas exclue.
7.
Départ à la retraite. Augmenter l'âge légal de la
retraite, probablement à 66 ans, pour permettre la survie des systèmes
de retraite.
8.
Gouvernance. Le gouvernement de coalition poursuivra la
modernisation de la Chambre des Lords, pour en faire une chambre
entièrement ou largement composée d'élus.
9.
Immigration: Le nombre de ressortissants de pays autres
que ceux de l'Union européenne autorisées à immigrer en
Grande Bretagne sera réduit. Argument: l'Angleterre, qui est désormais
le pays le plus densement peuplé d'Europe (395 habitants au Km²) , n'a
plus de place, ni les moyens, pour accueillir tous ceux qui
veulent y venir.
10.
Système bancaire: des actions seront menées
pour mieux encadrer les banques, et taxer les bonus.